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Arrêtés à la fin de l’été de la Saint-Jean, le 8 septembre 1958, près d’Abbeville, Albertine et Julien Sarrazin sont incarcérés à la maison d’Arrêt d’Amiens. Grâce à de furtives complicités, ils peuvent échanger une correspondance clandestine : “Les Biftons”.
La différence essentielle avec les “Lettres à Julien” (Lettres officielles) réside dans le fait que les “Biftons” (Lettres secrètes) échappaient, par définition, à tout contrôle, toute censure... Dès lors, leur intérêt devient évident : Albertine s’y livre en toute spontanéité et en toute confiance. Elle se laisse aller sans retenue aucune à ce qu’elle appelle son “analysomanie”. Elle peut descendre au plus profond de soi - “Sa parole devient l’écho de son rythme intérieur”. Étant donné l’ampleur des risques qu’ils encouraient, Albertine et Julien étaient convenus de brûler les Biftons au fur et à mesure. Julien ne put s’y résoudre totalement... et le sens de l’anecdote qui lui est si cher nous permet de préciser qu’il a pu les dissimuler à la fouille du maton, lors de sa sortie, en les cachant dans son slip : “Ils pouvaient me garder trois heures à éplucher mes affaires, je m’en foutais ; j’avais l’essentiel, je sortais mon Trésor.” Le présent volume rassemble vingt-six “biftons”, soit le tiers environ de ceux qu’a écrits Albertine. Le premier a été envoyé en novembre 1958, la suite recouvre une période qui s’étend de juin à septembre 1960.
“Mon passé me plait, je n’en changerais pour rien au monde ; regretter est se renier... et je porte, mentalement, la tête si haute que j’en ai parfois des crampes”.
Reproduction : Extrait Bifton 22 (format original 13,5cm x 10,5cm)
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| Biftons de prison |
