"... cette nuit pendant que je dormirai... un homme me découvrira, me dénudera comme une amante ; il fera l'amour avec mon livre, il aura dans les mains, dans les yeux, dans la tête ma vérité toute nue enfin. Comme c'est bon, comme ça fait battre le coeur, le premier lecteur..."   (La Traversière Chapitre XI)
Albertine Sarrazin
Le site Officiel

C’est en près de cinq cent pages, l’évocation minutieuse, en argot de la vie et du visage des prisons, des prisonniers, hommes et femmes, animés tous d’un même désir : s’évader.

Passions diverses, haine, affection, tout contribue à cette éventualité rarement atteinte.

Au cours de son récit, l’auteur ne manque jamais de faire le procès des hommes de loi chargés de juger les délinquants : juges, procureurs, greffiers, tous sont l’objet de son ironie plus puissante que toutes les critiques.

Les héros, Anick et Zizi, donnent pour leur mariage, l’occasion de quelques pages sentimentales, mais sans pleurnicheries, de même les réveillons de Noël et du jour de l’An, surtout celui-ci en qui tous les espoirs d’une vie meilleure s’accumulent.

“La camaraderie et la solidarité sont de belles foutaises dans cette vie féroce (celle des prisons), par contre l’amitié et l’amour ont tout l’espace voulu, tout le coeur réservé, tous les lendemains”.

Sur le plan stylistique, “La Cavale” est assez différent de “L’Astragale”. Même ironie, même supériorité intellectuelle, mais une pointe de cynisme qui tend parfois vers un romantisme inattendu et sincère. Dans “La Cavale”, l’emploi de l’argot est généralisé, voire exploité stylistiquement.

Albertine Sarrazin commence à écrire “La Cavale” à la prison de Versailles en avril 1961.

Elle termine le livre en juin 1962.

En 1965, avant de le publier, elle le ré-écrira.

Albertine Sarrazin réunit dans ce livre toutes ses expériences prisonnières.

C’est l’empreinte fonda- mentale que la prison a laissé sur elle durant ces années.

En mars 1966, Albertine Sarrazin reçoit pour “La Cavale” le Prix des Quatre Jurys”.

 

 

 

 

 

 

La Cavale